Ambassade de France aux Etats-Unis
Publications La France de A à Z Relations franco-américaines La France aux EU Actualités Aller aux Etats-Unis Espace Jeunesse Contactez-Nous A propos  
Embassy of France in the United States
ACTUALITÉS
A la Une Point de presse du jour Relations France-U.S. Dossiers thématiques La Presse Américaine La Presse Française Médias français en ligne
Actualité en Images

Date d'Aujourd'hui:   print this page email this page

SYNTHÈSE DE LA PRESSE AMÉRICAINE

du 25 au 31 Août 2007

I. Iraq

La guerre en Iraq reste au centre des débats de la presse américaine. Les quotidiens continuent de commenter les critiques adressées au Premier ministre iraquien Al-Maliki et l'analogie entre l’Iraq et le Vietnam établie par le Président Bush. L'arrivée de plusieurs rapports évaluant l'action des forces américaines en Iraq donne également l'occasion aux journalistes de s'interroger sur la stratégie d'augmentation des troupes (surge) et sur l'issue du conflit.

La presse dénonce les critiques formulées à l'encontre du Premier ministre iraquien. Dans un éditorial, le Los Angeles Times affirme que son « successeur pourrait bien être pire » et qu'« un gouvernement iraquien stable et constructif ne peut émerger que d'un processus national de réconciliation politique [...], pas encore initié ».

Harold Meyerson (Washington Post) note que « contrairement aux leaders américains, un nombre croissant d'Iraquiens voit la paix non pas comme une réconciliation mais comme une séparation, [en instaurant un] gouvernement local ». Le chroniqueur s'indigne : « nous demandons [à Al-Maliki] de réconcilier une nation [...] qui ne souhaite pas être réconciliée », « tâche qui ne pourrait être accomplie que par un dictateur sans pitié détenant le monopole des forces armées [...], et non pas par un leader politique contraint par l'opinion ». Pour le journaliste, « le profond et continuel quiproquo sur les aspirations confessionnelles en Iraq, est à la racine de notre incapacité à voir l'Iraq comme il est » et « c'est Bush et non Maliki, qui a été volontairement sectaire ».

Pour le Washington Times, enfin, les Etats-Unis « se tirent une balle dans le pied » en critiquant un gouvernement qu’ils ont eux-mêmes mis en place, ce qui « n'a aucun sens ».

Par ailleurs, la comparaison entre l'Iraq et le Vietnam établie par le Président Bush a continué de susciter de vives réactions dans la presse américaine. Un éditorial du New York Times indique que « cet argument peut induire en erreur, bien qu'il existe une similitude effrayante entre ces deux désastres de la politique étrangère américaine. [En effet], au Vietnam comme en Iraq, les présidents américains et les responsables militaires sont allés loin en prétendant que la victoire était à portée de main alors que rien n'était plus éloigné de la vérité ».

Pour Andrew J. Bacevich (Los Angeles Times), le Président Bush a fait une erreur en parlant de l'Iraq comme d'un « combat idéologique ». En effet, « c'est la politique et non l'idéologie, qui déterminera l’avenir du Moyen-Orient ». A ce titre, le chroniqueur déplore le fait que « M. Bush n'ait même pas fait allusion à la condition [politique] du Vietnam aujourd'hui » et s'interroge : « n'est-il pas possible que les peuples du Moyen-Orient soient les mieux à même de décider de leur avenir? ».

Diane West (Washington Times) affirme également qu'« une approche plus honnête, plus compréhensive et plus réfléchie de l’Histoire offrirait des leçons très différentes de celles que M. Bush donne actuellement ».

Sur l'évaluation de la « surge », les avis restent partagés. Le New York Times revient sur le récent rapport du GAO (Government Accountability Office) qui, selon lui, « fournit une puissante et fraîche dose de réalisme non partisan sur l'Iraq », alors même qu' « un changement de stratégie semble être la chose la plus éloignée de l'esprit de M. Bush ».

Rosa Brooks (Los Angeles Times) relève que « l'approche de la Maison Blanche [...] n'est pas une option viable ». En effet, pour la chroniqueuse, « il n'est pas nécessaire d'être Einstein pour voir que [celle-ci] n'a pas marché, ne marche pas et ne marchera pas ».

David Ignatius (Washington Post) note quant-à-lui que « l'augmentation des troupes était justifiée par le fait qu'elle aurait fourni un espace politique au gouvernement pour faire des compromis, or ce n’est pas le cas ».

Dans un éditorial au contraire, le Washington Times affirme que « même les plus fermes opposants à la guerre [...] ont été forcés de reconnaître que le changement de stratégie, pour lequel a opté le Président Bush, marche militairement ». De même, grâce à cette nouvelle stratégie, les Américains sembleraient croire que la victoire est possible. Selon un sondage Zogby/United Press International du 28 août, 54% des Américains considèrent en effet que la guerre n’est pas perdue.

II. Démission d’Alberto Gonzales

La démission du Ministre de la Justice Alberto Gonzales a suscité de vives réactions dans la presse américaine cette semaine. Si les quotidiens libéraux se félicitent de son départ, la presse conservatrice reste en revanche plus nuancée.

Le New York Times ironise : « Alberto Gonzales a enfin fait quelque chose pour le bien de la Justice : il a démissionné ». Outre « les nombreux scandales qu’il laisse derrière lui » (notamment l’affaire des procureurs), le quotidien lui reproche de ne pas avoir « défendu la Constitution et la loi », comme il était censé le faire en tant que Ministre de la Justice. Il aurait ainsi, dans chaque affaire, été du côté de « ceux qui enfreignent la loi ». Le Washington Post souligne également « le rôle prépondérant qu’il a joué dans de nombreux scandales ».

De même, le Baltimore Sun se réjouit que M. Gonzales quitte « enfin » ses fonctions. Le Ministre américain de la Justice se serait vu confier des responsabilités « qu’il n’a jamais bien comprises et qui n’étaient pas faites pour lui ». Le quotidien lui reproche notamment d’avoir « continué à agir comme s’il était encore au service du Président Bush », alors qu’il était à la tête du Ministère de la Justice.

Pour le chroniqueur David Brooks (New York Times), il manquait à M. Gonzales « l’expérience, la stature professionnelle et la connaissance du milieu qui sont requises pour être un bon Ministre de la Justice ». Robert D. Novak, dans le Washington Post, qualifie en outre l'équipe du Président Bush d' «administration de canards boiteux », affirmant que « le Président a été trop loin en choisissant un ami loyal mais incompétent ». En effet, pour le chroniqueur, « Gonzales n'était pas qualifié pour détenir un tel poste gouvernemental ».

E. J. Dionne Jr. (Washington Post) commente quant-à-lui : « trop de dommages ont été causés et le prochain Ministre de la Justice doit s'engager à faire le nettoyage ». Pour USA Today, enfin, Alberto Gonzales « laisse à son successeur un ministère avec une morale érodée et une crédibilité en miettes ».

Le Washington Times, en revanche, juge la démission du Ministre de la Justice « compréhensible », dans la mesure où elle était « inévitable », tant « l’atmosphère politique avait été rendue exécrable par les Démocrates ». Pour être juste, nuance le quotidien, il convient de reconnaître « l’engagement constant [de M. Gonzales] dans la lutte contre le terrorisme ».

De même, si le Wall Street Journal admet qu’ « Alberto Gonzales a fait de nombreuses erreurs politiques », il souligne néanmoins que « la plus grande erreur [qu’il ait commise] est d'avoir sous-estimé les attaques politiques » de la majorité démocrate.


(N° 456/07/EL/PS)

Ambassade de France aux Etats-Unis, le 31 Août 2007